Atri N’Assouf : L’Etoile du Désert

Par Nicolas Roux | 12. juillet 2010 |

 

 

Lorsque Rissa Ag Wanaghli, ancien membre du groupe nigérien Takrist N’Akal, rencontre Plume, personnage omniprésent de la musique française, à quel résultat peut-on s’attendre ? Réponse avec Atri N’Assouf, « l’Etoile du Désert », une jeune formation qui vient d’auto produire son tout premier album, Akal. Découverte de ceux qui pourraient bien devenir les nouveaux poids lourds de la scène touareg.

 

Tout commence en une douce soirée sous les étoiles du Sahel, lors d’un événement caritatif au Niger. Alors que Rissa se déambule sur scène, Plume, dont le CV nécessiterait à lui seul plusieurs pages, le remarque et parvient à le rencontrer. S’en suit une équipée musicale prenant de plus en plus d’ampleur, symbole de l’éclatante symbiose régnant entre les deux artistes.

Rissa n’a rien d’un novice de l’univers de la musique. Ayant sillonné à travers tout le désert saharien, de sa ville natale d’Arlit jusqu’en Libye en passant par Tamanrasset en Algérie, celui qui fut l’élève du célèbre Abdallah Oumbadougou jouit d’une expérience vieille de plus de vingt ans. Son parcours l’a vu croiser le chemin de collectifs aussi prestigieux que Takrist N’Akal, du sus nommé Oumbadougou, ou encore Désert Rebel, avec les Français Amazigh Kateb (Gnawa Diffusion) et Gizmo (Tryo).

Confluent de deux mondes, Atri N’Assouf constitue donc la nouvelle étape de sa carrière. Fort de compositions dans la tradition touareg de l’Aïr, agrémentées du jeu de percussions de Plume, le groupe affiche un visage ensoleillé et plein de bonne humeur. Car si beaucoup d’artistes touaregs offrent un ton plutôt sombre et nostalgique, la musique d’Atri N’Assouf apporte une vision un peu plus gaie.

Logique pour Rissa car : « c’est quelque chose que l’on aime faire. Quand je compose, j’ai aussi en tête la place du bassiste et percussionniste. Donc tout le monde se trouve facilement et c’est la joie ! » Les titres Taïman ou Tamiditine laissent ainsi planer ce sentiment, notamment grâce à des mélodies de guitares qui donneraient le sourire même aux plus sceptiques.

Des invités de marque se distinguent également tels Abdallah Ag Alhousseyni (Tinariwen) sur un Medan aux allures bluesy, ou bien Disco (Tartit) qui clôture l’aventure sur le calme apaisant d’Aitma . Ajoutez à cela la très tonique N’Marha et ce sont toutes les sonorités de l’Afrique de l’Ouest qui se retrouvent. Une ouverture voulue par Rissa qui « voudrait faire de la musique avec plein d’artistes et découvrir des musiciens d’Occident. » Mais il insiste : « [Atri N’Assouf] c’est mon style personnel, ça reste touareg, touareg ! »

Akal, c’est le pays en langage tamasheq. Et pour un Touareg, ce terme va de pair avec le désert du Sahara. Toute la grandeur saharienne, et même au-delà, se détache ainsi d’un bout à l’autre de l’album. « Le Désert représente tout moi. C’est presque mon autre moitié et je m’y sens chez moi, » précise Rissa. Ouvrez donc grand vos oreilles et laissez-vous entraîner par les chaudes mélodies venues de l’Etoile du Désert.

Nicolas Roux

 

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